Euro 2018 : France – Monténégro, la vertu et le vice

Euro 2018 : France – Monténégro, la vertu et le vice

« On va leur en mettre plein la figure et on les ramassera à la fin du match », promet Alexandra Lacrabère. Photo Cédric JACQUOT

« On va leur en mettre plein la figure et on les ramassera à la fin du match », promet Alexandra Lacrabère.  Photo Cédric JACQUOT

Article Républicain Lorrain du 4 décembre 2018

Attention aux « petits coups mal placés » ! Les Bleues défient une formation unique en son genre, ce mardi soir à Nancy, pour clôturer le tour préliminaire de l’Euro. Le Monténégro est un adversaire « méchant, vicieux, roublard et brutal… sans être violent », décrit Olivier Krumbholz, le coach français, qui s’étonne à demi-mot du silence des instances internationales. « Ça tire, ça pousse, ça met des coups de genou… C’est totalement hors règlement », insiste le sélectionneur. « Elles font des fautes incorrectes, beaucoup de cinéma et sont rarement sanctionnées. »

Évidemment, les joueuses tricolores « n’aiment pas ça ». Mais elles puisent dans ce petit jeu malsain une détermination supplémentaire. « On est des filles orgueilleuses, on n’accepte pas d’être bousculées comme ça », répète souvent Béatrice Edwige, particulièrement malmenée au poste de pivot. « Il faut se battre encore plus, montrer quelle image on a de notre sport. Et maîtriser ses nerfs, c’est un paramètre fondamental », insiste son entraîneur. « On va leur en mettre plein la figure et on les ramassera à la fin du match », sourit Alexandra Lacrabère.

L’équipe des Balkans, championne d’Europe et finaliste des JO en 2012, ne se résume (heureusement) pas qu’à cette réputation d’élève turbulent. C’est un « beau sept majeur », capable d’imposer une grande densité physique. « C’est un combat dont on sort épuisé, lessivé », résume la gauchère Laura Flippes, habituée à jouer le club de Podgorica, l’antichambre de la sélection nationale, avec Metz en Ligue des Champions.

Malheur au perdant

Après l’ère Bojana Popovic, l’une des meilleures joueuses du monde, le Monténégro s’est reconstruit autour d’une nouvelle génération talentueuse. « Ils ont cette capacité à former des jeunes incroyables. C’est un petit pays qui sort de grandes joueuses. Elles sont matures et malines très tôt, ça doit être dans les gênes », s’amuse Olivier Krumbholz.

Les Françaises étaient sorties vainqueur de la dernière confrontation avec Marina Rajcic et consorts, en quart de finale du dernier Mondial (25-22). Ces retrouvailles, entre deux équipes qualifiées pour le tour principal, auront encore tout du match couperet. « On le prépare comme un huitième de finale », confirme Alexandra Lacrabère. « Celui qui perd aura très peu de chances d’aller en demies », avertit le coach. Cela justifie bien quelques « petits coups mal placés »…

Laura MAURICE

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