Championnat d’Europe féminin Handball : l’Europe est aux pieds des Bleues !

Championnat d’Europe féminin Handball : l’Europe est aux pieds des Bleues !

Championnes du monde et vice-championnes olympiques, les Bleues ont renversé la Russie pour s’offrir leur premier titre européen (24-21), ce dimanche, dans l’ambiance magnifique de Bercy. Historique !

Article Républicain Lorrain du 17/12/2018

Photo HD Championne d’Europe à la maison, la France a décroché sa qualification pour les JO de Tokyo, en 2020. Photo AFP/Anne-Christine POUJOULAT

Ça ne pouvait pas se terminer autrement. L’équipe de France est devenue championne d’Europe pour la première fois, ce dimanche à Bercy, un an après son sacre mondial. Il fallait voir les larmes de Manon Houette, une minute avant la fin, ou le sourire béat d’Olivier Krumbholz, les yeux dans le vague. Il fallait voir ces Bleues s’enlacer à n’en plus pouvoir pour comprendre. Pour mesurer l’énorme performance que cela représente dans l’histoire de ce sport.

Allison Pineau est restée allongée sur le terrain, en pleurs. Elle a reçu les bisous de ses copines sans respirer. « On l’a fait pour toi », a-t-elle entendu. La star française était sortie, effondrée, dès la 36e minute de cette finale irrespirable. Elle a effleuré le visage de la gardienne russe sur un jet de 7 m et le duo arbitral l’a sanctionnée d’un carton rouge incompris. La meilleure joueuse du monde 2009 n’avait pas encore rejoint les tribunes que, déjà, 14 060 personnes s’étaient levées comme un seul homme. « Je savais que le public allait nous porter, mais je ne pouvais pas imaginer qu’il le fasse à ce point », raconte Olivier Krumbholz.

À cet instant, quand la France menait 16-13 et Bercy s’emportait comme jamais, le match a basculé. Les Bleues ont puisé dans le désespoir de leur copine une « rage » indicible, un cœur énorme. « J’ai vu des filles métamorphosées », décrit Gnonsiane Niombla. « Ça nous a donné une force incroyable. On s’est démultiplié en défense. On n’était plus six, on était huit », confirme le sélectionneur des Bleues. « C’était tellement injuste… Elle méritait tellement de jouer cette finale. C’est aussi tout l’amour qu’on a pour elle qui s’est transformé à ce moment-là », résume Amandine Leynaud. Les Slaves, qui ne tenaient déjà plus qu’à un fil (11-9, 25e  ; 14-12, 32e ), ne pouvaient pas lutter avec autant d’élan. « Émotionnellement, c’est le match le plus exceptionnel que j’ai jamais vu », avoue Olivier Krumbholz, 60 ans.

Estelle Nze Minko a poursuivi encore quelques minutes son incroyable travail défensif sur Anna Vyakhireva, MVP de l’Euro. Amandine Leynaud, meilleure gardienne du tournoi, a eu le temps d’offrir une dernière parade avant de s’éclipser, sans doute, quelque temps de la sélection nationale. Orlane Kanor a prouvé, ensuite, qu’elle était l’avenir de l’équipe de France et Alexandra Lacrabère qu’elle avait le caractère des plus grandes (21-18, 49e  ; 23-20, 53e ). « C’est juste fou de vivre ces émotions-là, je suis trop fière », soufflait l’arrière droit au bout d’un match exceptionnel.

Bientôt, Manon Houette pourrait laisser couler quelques larmes et Olivier Krumbholz songer à ce qu’il vient de réaliser. La France est championne du monde et d’Europe. Seules deux nations l’avaient fait avant elle…

À Paris, Laura MAURICE

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