France – Russie : Orlane Kanor si forte, si triste…

France – Russie : Orlane Kanor si forte, si triste…

Article Républicain Lorrain du 30 Novembre 2018

Étincelante, Orlane Kanor n’aura manqué qu’un seul tir de toute la rencontre. La Messine aurait tellement mérité de gagner…

Orlane Kanor : « Même si j’ai fait un bon match, l’important était de gagner avec mon équipe devant un si merveilleux public » Photo Alexandre MARCHI

France – Russie
(23-26)

Dans ce bras de fer féroce où défendre comme des forcenées était devenu au fil des minutes une mission obligatoire, qui allait pouvoir jaillir dans la lumière ? Gentilly rugissait comme un lion affamé à chaque action d’éclat tricolore, mais les Russes, agressives, appliquées, disciplinées, cadenassaient l’attaque française depuis le début du match.

Dans sa tête bien pleine mais qui bouillonnait, Olivier Krumbholz cherchait la solution, d’autant que Camille Ayglon et Alexandra Lacrabère butaient sur le mur de Moscou. Il lui fallait de la détente, de la verticalité, de la fluidité… Toutes les qualités d’Orlane Kanor, le joyau guadeloupéen du Metz Handball, sorti des lagons turquoise de Sainte-Anne, un des viviers inépuisables du sport français.

Poussée par un public qu’elle a trouvé « formidable », Orlane prit alors sa chance avec le culot et l’envie de ses 21 ans. Une fois, deux fois, quatre fois en première mi-temps, l’arrière des Bleues transperça Sedoykina pour ramener l’équipe de France à égalité à la pause.

Le grand soir qu’on attendait pour Orlane Kanor se dessinait dans cet incroyable combat, où les espaces, les intervalles étaient fermés à double tour. Et Orlane, décidément insatiable, en rajouta une, puis deux couches après le repos. La France menait cette fois 14-12 dans l’euphorie ambiante.

« Je suis dégoûtée… »

Il restait un peu plus de vingt minutes à jouer. La France avait cette fois appuyé là où ça fait mal, mais sous les coups de gueule de Trefilov, l’ours russe, ses filles revenaient inlassablement sur les traces d’un premier match et d’un premier exploit : battre la France, chez elle, pour ouvrir les hostilités.

Et comme un signe du destin, pour la première fois du match, Orlane Kanor manqua un tir. On jouait la 56e , la Russie tenait cette fois sa proie (20-23) : « Je suis dégoûtée. Très triste. Même si j’ai fait un bon match, l’important était de gagner avec mon équipe devant un si merveilleux public. J’ai même chanté, et c’est rare, la Marseillaise avant le match. On reviendra plus forte dimanche. »

En zone mixte, Orlane donne rendez-vous. Dimanche, contre la Slovénie. Pour chasser les fantômes d’un premier match du Mondial 2017.

Gilles GAIHIER

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